Evaluer une start-up au regard de son patrimoine

Le principe de l’évaluation d’une start-up à travers son patrimoine est relativement simple : il s’agit de faire l’inventaire des biens de l’entreprise et d’en estimer la valeur actuelle. Le dirigeant de start-up prend ainsi connaissance de l’intégralité des éléments à l’actif et au passif de sa structure.

En quoi consiste l’évaluation d’une start-up par le patrimoine ?

La méthode patrimoniale s’intéresse en premier lieu aux biens figurant à l’actif de la start-up. L’expert-comptable établit la valeur de chaque élément au jour de l’évaluation. Il s’agit autrement dit d’arrêter l’« actif net réévalué » (ANR) de la start-up. L’avantage principal de cette méthode réside dans sa fiabilité dans la mesure où elle se fonde sur des éléments concrets.

L’évaluation par le patrimoine convient particulièrement aux PME commerciales, comme les start-up ayant acquis une certaine maturité.

Bon à savoir

Les biens liés à l’exploitation de la start-up et ceux qui en sont indépendants doivent être nettement dissociés. En effet, la valeur des premiers diffère selon leur caractère indispensable, occasionnellement utilisable ou bien obsolète tandis que les seconds ne relèvent pas de telles « subtilités comptables ».

L’évaluation patrimoniale d’une start-up s’opère en trois moments

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En pratique, le travail de l’expert-comptable va se dérouler en trois temps. Il vérifie en priorité si tous les éléments présents dans le fonds de commerce lié à la start-up figurent bien au bilan de l’entreprise, sans donc avoir été cédés ou bien tout simplement omis (comme cela est fréquent pour les travaux importants constituant une immobilisation).

Ensuite, le professionnel du chiffre examine l’état de fonctionnement du matériel : celui-ci est évalué notamment en fonction de la date d’achat et de l’entretien. Enfin, lors de la dernière étape, l’attention est portée sur l’avenir de la start-up, son développement futur afin d’anticiper les flux financiers.

Actif et passif : les deux maîtres-mots de l’évaluation d’une start-up par le patrimoine

La méthode patrimoniale d’évaluation d’une start-up s’intéresse à plusieurs mesures d’actifs :

  • l’actif brut d’exploitation, qui comprend les immobilisations corporelles, les actifs immatériels et les actifs circulants de la start-up ;
  • l’actif brut hors exploitation non financier, qui regroupe tous les biens que le dirigeant de start-up ne détient pas physiquement, cessibles et non directement liés à l’exploitation (terrains, immeubles, créances…) ;
  • l’actif brut financier, qui désigne les titres et placements détenus par l’entreprise ;
  • et enfin, l’actif brut total, qui représente la somme des trois éléments qui précèdent.

Le passif, c’est-à-dire les dettes, sont ensuite soustraites au résultat obtenu afin d’obtenir l’ANR de la start-up. Plusieurs aspects sont alors à distinguer au plan comptable :

  • le passif exigible d’exploitation, à savoir les dettes à court terme ;
  • le passif exigible financier : les dettes à moyen et long termes accordées par des établissements financiers ;
  • le passif exigible hors exploitation et provisionné, qui comprend le passif à court terme inclassable dans les deux catégories précédentes, ni dans les provisions (il s’agira par exemple de l’impôt sur les bénéfices de la start-up) ;
  • enfin, le passif non inscrit, qui constitue une anticipation des risques encourus par la structure au regard de ses engagements et de sa situation fiscale.

À propos de l'auteur: Hugues ROBERT